Yseult is back dans les backs : « Je refuse d’être enfermée dans une case. »

Son visage vous dit quelque chose ? C’est normal, Yseult a fait partie des candidats qui ont brillé lors de la 10è édition de la Nouvelle Star. Elle revient avec de nouveaux projets : nouveau single, mannequinat, et même une collaboration avec ASOS.
07/06/2018

 

Twenty : Qui es-tu ?

Yseult : C’est simple : je m’appelle Yseult, j’ai 23 ans, je suis un électron libre, une meuf qui kiffe la life. Je fais de la musique et un peu de mannequinat et je me considère comme un couteau-suisse. J’essaye de toucher à tout.

 

Twenty : Tu faisais partie des finalistes de la 10è édition de la Nouvelle Star, qu’est-ce qui a changé pour toi depuis ?

Yseult : Plein de choses ont changé, ne serait-ce que physiquement ! Mentalement aussi j’ai changé et je pense que c’est dû au fait que je kiffe plus ma life maintenant. Je me laisse vivre alors qu’avant je réfléchissais trop et j’ai décidé qu’il fallait arrêter de voir les choses comme une grand-mère. Plus le temps passe, plus je deviens calme et mature.

 

Twenty : Bientôt un nouvel album ? Quels sont tes autres projets à venir ?

Yseult : En ce moment, je bosse sur un projet que je préfère garder secret mais à côté, je travaille sur un nouveau single que j’adore parce que je l’ai écrit et composé seule. Sinon, je fais beaucoup de campagnes pour ASOS et pas mal devraient sortir bientôt. Je vais peut-être aller à Londres histoire de voir si je ne peux pas signer dans des agences de mannequinat londoniennes mais pour l’instant, ma priorité c’est vraiment mon nouveau projet qui sortira très vite je l’espère.

 

Twenty : Justement, j’ai vu que tu étais l’un des nouveaux visages de l’agence The Claw, peux-tu m’en dire plus ?

Yseult : Ça s’est super bien passé parce qu’un de mes bons amis y travaille. Il n’osait pas trop me le proposer au début mais quand il a vu que je bossais de manière régulière sur des grosses campagnes pour ASOS ça s’est fait naturellement. Je me suis dit qu’au final, je préfère que ça soit quelqu’un que je connais de longue date et en qui j’ai confiance qui gère toute ma partie business dans le mannequinat plutôt qu’un inconnu. Dans son agence, je suis la seule fille qui dépasse un 48, du coup, c’était cool aussi pour eux de bosser avec une première mannequin grande taille.

 

 

Twenty : Comment ASOS t’a approchée ?

Yseult : Une fille qui travaille chez ASOS, en Angleterre, m’a contactée sur Instagram en août dernier. Elle m’a demandé si j’avais déjà posé, je lui ai dit que non et elle m’a dit qu’elle aimerait bien qu’on collabore. Au début, j’étais un peu perplexe parce que je n’avais jamais fait ça et puis elle m’a dit quelque chose comme « trust me » et du coup j’ai accepté. De là, j’arrive à Londres, on shoote la première campagne et ce qui m’a vraiment plu c’est qu’ils ne m’ont pas considérée comme une meuf « plus size » et basta. Ils m’ont vraiment considérée comme une meuf de 22 ans qui se lance dans le mannequinat. Quatre ou cinq mois plus tard, j’ai signé avec l’agence The Claw.

 

Twenty : Penses-tu pouvoir influencer/ inspirer les femmes via l’image de toi que tu renvoies ?

Yseult : Inconsciemment, je pense que oui mais je ne le lève pas le matin en me disant « Allez aujourd’hui je vais inspirer des gens ». A mon avis, il y a plein de meufs et de mecs qui inspirent les gens mais moi rien n’est calculé. Avant, je planifiais tout et je voulais que ça soit propre, carré et beau, il n’y avait aucune personnalité il fallait que ça soit très lisse. Maintenant, si je me lève le matin, que je n’ai pas ma perruque et que je suis en culotte et débardeur, ça ne me gêne plus de me montrer comme ça alors qu’avant j’aurais dit « Mon Dieu je ne suis pas maquillée, je ne peux pas publier une photo avec cette tête». Donc oui, bizarrement et sans m’en rendre compte, j’ai l’impression qu’il y a des gens qui s’identifient à moi et surtout les meufs parce que nous, concrètement, quand on se lève le matin on n’a pas de l’eye-liner sur les yeux et beaucoup de filles aiment voir que, finalement, on n’est pas si différentes que ça les unes des autres.

 

« Mon corps est un paradis. Depuis peu j'ai appris à prendre soin de mon corps et a l'aimer sincèrement. J'ai eu une longue période où j'ai eu du mal. Aujourd’hui, j’ai compris que mon corps était une plante et qu'il fallait que j'en prenne soin quotidiennement. »

 

Twenty : Sur tes différents réseaux sociaux on peut lire plein de messages positifs et motivants notamment sur l’acceptation de soi. Qu’est-ce qui t’a fait prendre conscience que tu devais enfin accepter ton corps ?

Yseult : En décembre dernier, je me suis mise à faire beaucoup de sport, ça peut paraitre cliché mais c’est vraiment à partir de là que j’ai commencé à regarder mon corps différemment et à me dire qu’il fallait que je reprenne ma vie en main. Le fait de me sentir mieux dans ma peau a fait que mon rapport avec les autres est devenu beaucoup plus paisible même si je garde mon caractère. Je me vois différemment et j’ai l’impression de dégager des vibes différentes. Le sport m’a énormément aidée parce que j’ai vu comment mon corps a changé et psychologiquement, ça fait trop du bien ! Même le regard des autres me fait du bien, par exemple avec les garçons je ne suis plus la simple pote, il n’y a plus de friendzone. Quand on me voit, on se dit « Ah ouais, quand même ! »

 

« Être une femme dans notre société c'est difficile être une jeune artiste c'est difficile et être une jeune artiste ronde c'est beaucoup de pression surtout dans la pop. »

 

 

 

Twenty : Dans ton parcours as-tu rencontré des barrières ? Lesquelles ?

Yseult : Pour être franche parfois, sans forcément te le dire explicitement, on te fait comprendre que tu ne rentres pas assez dans le moule, que t’es pas dans la bonne vibe. Aujourd’hui, j’en n’ai plus rien à faire, je pense que grâce à la confiance que j’ai en moi les gens zappent mon physique et se focussent plus sur ma personnalité et ma musique. Le fait que je m’affirme comme je suis et que je me montre comme je suis, sans filtre, fait que les gens n’accordent plus d’importance à mon apparence. De toute façon, à partir du moment où tu choisis de faire un métier médiatisé, il faut se blinder et assumer les conséquences de cette exposition. Si psychologiquement tu n’arrives pas à faire ce travail, tu risqueras d’être touché par les réflexions et dans ce cas, change de métier !

 

Twenty : Tu dis qu’ « il faut faire attention pour rester dans les normes », y-a-t-il encore des normes des aujourd’hui ?

Yseult : Déjà je ne suis pas dans le délire de porter des vêtements « curve », je me sape comme une meuf « normale ». J’ai éradiqué tous les délires « curve », « plus size », etc. Je refuse d’être enfermée dans une case. D’ailleurs, les gens ne s’identifient pas à moi parce que je suis grosse ou parce que je suis noire, ils s’identifient à moi parce que je parle de choses qui les touchent et de choses qu’ils peuvent avoir vécues. En 2018, je me dis quand même que les normes ont tendance à disparaitre parce que tout le monde peut devenir mannequin, rappeur, chanteur… coiffeur au Japon ! Les réseaux sociaux ont permis d’effacer toutes les barrières et je pense que c’est aussi grâce à notre jeune génération et à celle d’après que les normes sont en train de complètement disparaitre.

 

Twenty : Comment faire bouger les choses ? Bousculer les codes ?

Yseult : Me follow sur Instagram évidemment ! Sinon, plus sérieusement, je pense que c’est à ceux qui sont exposés, médiatisés, de faire bouger les choses. Il faut montrer l’exemple, montrer que tout est possible. Il faut que l’on s’inspire les uns, les autres et que l’on arrête de se comparer. Quand je regarde des photos de meufs sur Instagram, je ne me compare plus, chacun est comme il est. Je pense vraiment que pour pouvoir faire bouger les choses, il faut d’abord s’accepter soi-même, c’est la clé. A partir du moment où tu te sens bien dans ta peau, tu peux tout casser. J’aime pas trop l’idée du « body positive » parce que j’ai l’impression que ce n’est réservé qu’aux gros et qu’on nous colle une étiquette genre « Waouh regarde elle est grosse et elle s’assume ». Moi quand je vois une meuf en maillot de bain taille 34, il n’y a pas cette question de body positivisme. Le fait d’être grosse et de me montrer en sous-vêtements, je ne trouve pas ça incroyable, ce n’est pas un exploit et ça ne devrait pas être perçu comme tel.

 

 

 

 

 

Twenty : Comment définirais-tu notre génération ?

Yseult : Je dirais quelle est bancale. On n’est pas stables, on n’est plus dans une génération en mode « Tu vas aller à l’école, ensuite tu vas travailler, tu vas t’acheter une maison, tu vas te marier, prendre un chien », etc. Pour moi, tout ça est révolu et j’ai plus l’impression que maintenant c’est «Tu vas à l’école, tu vas peut-être arrêter les cours, tu vas peut-être te trouver un petit boulot et puis après on verra ». J’ai le sentiment que l’on vit au jour le jour, mais je ne trouve pas que ça soit négatif. C’est plus dans l’idée où on se cherche perpétuellement, on ne sait pas à 100% qui on est et à mon avis, jusqu’à la fin de nos jours on ne saura pas exactement…

 

Twenty : C’est quoi avoir la vingtaine en 2018 ?

Yseult : Avoir 20 ans en 2018, c’est très flou. On se cherche H24.

 

Twenty : Que peut-on te souhaiter pour le reste ?

Yseult : Plein de bonnes choses, de l’argent, du succès, perdurer et surtout des personnes sincères autour de moi.

 

Pour suivre Yseult, c’est par ici : https://www.instagram.com/yseult___/

 

Crédit photos : Mélie Hirtz (https://www.instagram.com/meliehirtz/)

Make-up : Mam-Marie Sall (https://www.instagram.com/bienvenuechezmam/)

Stylisme : Paloma (https://www.instagram.com/palociaga/)

 

https://www.youtube.com/watch?v=YZBuZbhfzM8

 

Propos recueillis par Kahina BOUDJIDJ, 23 ans

 

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